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Chiffrement de bout en bout : avantages et cas d’usage
Transferts sécurisés de fichiers • 21 février 2025
Le chiffrement de bout en bout (E2EE, pour End-to-End Encryption) est une méthode de sécurisation des échanges dans laquelle les données sont chiffrées sur l'appareil de l'expéditeur et ne sont déchiffrées que sur celui du destinataire. Personne d'autre, pas même les serveurs intermédiaires ne peut y accéder en clair.
Face à l'augmentation des cybermenaces, cette approche s'impose comme la réponse la plus robuste pour protéger les communications et les fichiers des entreprises, en transit comme au repos. Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur le chiffrement de bout en bout: son fonctionnement, ses avantages, ses cas d'usage concrets, et nos conseils pour un déploiement fluide et rapide en entreprise.

Qu'est-ce que le chiffrement de bout en bout ?
Le chiffrement de bout en bout est une méthode de sécurisation des communications basée sur la cryptographie1, dans laquelle seules les personnes directement impliquées dans l'échange peuvent lire son contenu.
Chiffrement de bout en bout : définition
Concrètement, lorsqu'un message ou un fichier est envoyé, il est transformé en une suite de caractères illisibles avant de quitter l'appareil de l'expéditeur. Les serveurs qui le relaient (messagerie, cloud, opérateurs) ne voient passer que des données chiffrées, sans jamais détenir la clé de déchiffrement.
Un « message chiffré de bout en bout » implique donc que même s'il est intercepté pendant son transfert, il ne pourra pas être lu par une partie non autorisée sans la clé de déchiffrement appropriée. C'est pourquoi le E2EE est préconisé pour le partage sécurisé de fichiers en entreprise.
✏️ À noter : ne confondez pas « chiffré » et « crypté ». En français, on chiffre des données avec une clé ; le terme « cryptage » est un anglicisme déconseillé par l'ANSSI et la CNIL².
Comment fonctionne le chiffrement de bout en bout ?
Le chiffrement de bout en bout utilise une cryptographie asymétrique basée sur deux clés : une publique et une privée.
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La clé publique est utilisée pour chiffrer les données et peut être partagée librement.
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La clé privée est nécessaire pour les déchiffrer, elle est strictement confidentielle et ne quitte jamais l'appareil du destinataire.
Prenons un exemple concret : Si Alice envoie un message à Bob sur une messagerie chiffrée de bout en bout, elle utilise la clé publique de Bob pour chiffrer son message. Ce message devient alors illisible et incompréhensible pour quiconque tenterait de l'intercepter. Une fois le message reçu, Bob utilise sa clé privée, qui est strictement confidentielle, pour le déchiffrer et le rendre lisible.
Côté pratique, les algorithmes de chiffrement comme RSA ou DLIES-KEM sont recommandés par la CNIL1, car ils assurent que même lors de l’échange des clés, un cyberattaquant ne peut ni les intercepter, ni les utiliser pour déchiffrer les données. Ce processus s'assure que seuls l'expéditeur et le destinataire peuvent accéder au contenu, même si le message transite par plusieurs serveurs (comme ceux des fournisseurs de messagerie) ou réseaux potentiellement compromis.
Chiffrement au repos, en transit et en utilisation : quelles différences ?
Ces quatre types de chiffrement protègent les données à des moments différents de leur cycle de vie : pendant leur stockage (au repos), pendant leur circulation (en transit), pendant leur traitement (en utilisation) ou en continu, de l'expéditeur au destinataire (de bout en bout). Seul ce dernier garantit qu'aucun intermédiaire ne peut accéder aux données en clair.
| Type de chiffrement | Ce qui est protégé | Limite principale | Cas d'usage typique |
| Chiffrement en transit |
Les données pendant leur circulation entre deux points (HTTPS, TLS, VPN) |
Les données sont déchiffrées à chaque étape intermédiaire : un serveur compromis peut les lire |
Connexion à un site web, envoi d'un mail, accès distant sur VPN sur des réseaux publics |
| Chiffrement au repos |
Les données stockées sur serveurs, bases de données ou disques durs |
Aucune protection une fois les données extraites ou en circulation ; l'administrateur du système peut souvent y accéder |
Base de données chiffrée, disque dur chiffré, sauvegardes protégées contre le vol de support |
| Chiffrement en utilisation |
Les données pendant leur traitement par un système (calcul, analyse, modification), par le chiffrement homomorphe³ ou le confidential computing |
Technologies récentes, coûteuses en ressources et encore peu répandues |
Traitement de données sensibles dans le cloud, calculs sur données de santé ou financières |
| Chiffrement de bout en bout |
Les données en continu, de l'appareil de l'expéditeur à celui du destinataire, y compris sur les serveurs intermédiaires |
Exige une gestion rigoureuse des clés privées : une clé perdue rend les données irrécupérables |
Messageries sécurisées, chiffrement des pièces jointes, transfert de fichiers confidentiels |
Le chiffrement de bout en bout en entreprise : quels avantages ?
E2EE : Intégrité de l'information
L'un des avantages les plus significatifs du chiffrement de bout en bout est sa capacité à garantir l'intégrité des données lors de leur transfert. Lorsque des données sont transmises avec E2EE, elles ne peuvent pas être modifiées sans rendre leur contenu illisible pour le destinataire. En d'autres termes, toute tentative de manipulation des informations, qu'il s'agisse de fichiers ou de messages, les rend indéchiffrables.
Ce mécanisme assure ainsi que les données reçues sont fidèles à celles envoyées, ce qui est indispensable pour les entreprises qui échangent des informations sensibles, comme des contrats, des devis ou des données confidentielles, mais aussi pour garantir un transfert sécurisé des fichiers en interne.
Protection contre les cybermenaces
Les entreprises sont constamment confrontées à des cybermenaces visant à intercepter, écouter ou manipuler les communications internes et externes.
Le chiffrement de bout en bout neutralise plusieurs de ces risques :
- Interception des données : lorsqu'une entreprise utilise des méthodes de transmission non chiffrées (comme les mails classiques ou les transferts de fichiers sur des réseaux non sécurisés), les données en transit peuvent être interceptées par des cybercriminels. C'est un problème fréquent lorsque les employés utilisent des réseaux publics ou partagés. Avec l’E2EE, même si les données sont interceptées, elles restent illisibles sans la clé de déchiffrement appropriée.
- Écoute clandestine (ou sniffing) : les attaquants peuvent également tenter d’enregistrer des communications non chiffrées. Cette technique, souvent utilisée pour capter des informations financières ou des projets stratégiques, est complètement neutralisée par le chiffrement de bout en bout. Même si un hacker parvient à écouter la communication, il ne pourra pas la comprendre sans la clé de déchiffrement.
- Cyberattaques de type Man-in-the-Middle : lors d’une attaque MITM, un pirate s'interpose entre deux interlocuteurs pour intercepter ou modifier leurs échanges. Avec l'E2EE, même si un attaquant réussit à saisir un message, il ne pourra pas le lire sans la clé privée de déchiffrement du destinataire.
- Injection de code malveillant : lorsque les données sont chiffrées, elles restent protégées même si un attaquant tente d'y insérer du code malveillant. Cela renforce la sécurité des fichiers lors de leur transfert.
Par ailleurs, une autre caractéristique avantageuse du chiffrement de bout en bout est que les clés de chiffrement sont directement gérées par les utilisateurs et non par les administrateurs système. Cette autonomie réduit considérablement les risques liés aux erreurs humaines ou à la compromission des comptes administrateurs. En effet même si un compte administrateur est compromis, le chiffrement des données des utilisateurs n’est pas affecté, car les administrateurs n’ont pas accès aux clés privées des collaborateurs.
Confidentialité des communications internes
La confidentialité est fondamentale pour les entreprises, en particulier lorsqu’il s’agit de communications internes sensibles. Le chiffrement de bout en bout garantit que seules les parties autorisées peuvent accéder aux informations. Cela permet de protéger les communications internes contre les fuites accidentelles ou malveillantes, assurant ainsi que les données sensibles ne tombent pas entre de mauvaises mains. Que ce soit pour les échanges internes ou externes, la confidentialité est assurée sans compromettre la productivité ou la fluidité des échanges.
Le chiffrement de bout en bout pour se conformer aux réglementations
Le chiffrement de bout en bout contribue également à la mise en conformité réglementaire des entreprises. Des réglementations comme le RGPD, NIS2 ou DORA exigent la mise en place de mesures de sécurité pour protéger les données personnelles, et le chiffrement est souvent considéré comme l'une des méthodes les plus efficaces pour y parvenir. Ne pas se conformer à ces réglementations peut entraîner des amendes élevées, en plus de porter atteinte à la réputation de l'entreprise.
En adoptant l'E2EE, les entreprises réduisent ainsi leur risque de sanctions financières et juridiques, et affirment leur engagement à protéger les informations sensibles de leurs clients et partenaires.
Quels sont les cas d'usage du E2EE en entreprise ?
Les messageries instantanées chiffrées de bout en bout
Les messageries instantanées sont des outils de communication couramment utilisés en entreprise, permettant des échanges rapides entre collaborateurs. Des applications comme WhatsApp ou Signal proposent un chiffrement de bout en bout pour les communications instantanées, pour que seuls l’expéditeur et le destinataire puissent accéder aux messages échangés. Cette protection est particulièrement précieuse dans les entreprises où la sécurité des échanges est critique.
Cependant, l'usage de ces applications doit être encadré, car elles sont souvent conçues pour un usage privé. Par exemple, l'utilisation de WhatsApp pour des communications professionnelles peut soulever des problèmes de conformité, notamment en matière de gestion des données personnelles.
E2EE : transfert sécurisé et chiffrement des pièces jointes
Dans un contexte professionnel, le partage de fichiers est une activité courante qui expose les entreprises à des risques si les données ne sont pas correctement protégées. Les solutions de stockage cloud comme OneDrive ou Google Drive sont largement utilisées pour le partage de documents et la collaboration à distance, mais elles ne proposent pas, par défaut, un chiffrement de bout en bout des fichiers stockés ou partagés. Cela signifie que les données sont susceptibles d’être accessibles par des tiers non autorisés, en cas de faille de sécurité sur ces plateformes.
Pour remédier à ce manque de sécurité, il est recommandé d'intégrer des solutions spécialisées de chiffrement de bout en bout pour sécuriser les pièces jointes et les fichiers partagés. Par exemple, la plateforme de partages sécurisés LockTransfer, intégrée à Outlook, permet de chiffrer les pièces jointes des mails en un clic, offrant une solution pratique et efficace pour protéger les fichiers sensibles envoyés par les équipes sans bouleverser leurs habitudes.
Le chiffrement des appels vocaux et vidéo
Avec la montée en puissance du télétravail et de la collaboration à distance, les appels vocaux et vidéo sont devenus des modes de communication de plus en plus utilisés dans les entreprises. Pourtant, les communications vocales et vidéo peuvent être des cibles privilégiées pour les cyberattaques, par interceptions ou écoutes clandestines. Il devient donc indispensable de sécuriser ces échanges avec un chiffrement de bout en bout.
Des plateformes comme Zoom ont pris des mesures pour offrir des appels chiffrés de bout en bout, mais dans certains cas, l'activation de cette fonctionnalité n’est pas automatique et doit être manuellement configurée par l'utilisateur. Cela peut poser des défis en matière de gestion de la sécurité, surtout dans les grandes entreprises où des centaines de comptes collaborateurs doivent être correctement configurés. D’autres solutions comme Signal et WhatsApp proposent un chiffrement de bout en bout par défaut pour les appels vocaux et vidéo, garantissant une protection robuste dès l'initialisation de la communication.
Cependant, un point de vigilance doit être apporté concernant la souveraineté des données. Ces solutions, bien que performantes, ne sont pas françaises, ce qui soulève des questions quant à la localisation et la gestion des données. Pour les entreprises sensibles à ces enjeux, des alternatives locales ou européennes doivent être envisagées pour garantir un contrôle des données et une conformité avec les réglementations nationales et européennes.
Parmi les alternatives européennes, on trouve la plateforme française Olvid, qui offre des appels chiffrés de bout en bout avec une approche axée sur la sécurité des communications professionnelles et privées. Tchap4, une autre solution française, offre une messagerie instantanée pour sécuriser les échanges du secteur public.
Ces options offrent aux entreprises une meilleure maîtrise de leurs communications, une souveraineté des données, en évitant le transfert de ces informations sensibles vers des pays tiers.
Comment mettre en place le chiffrement de bout en bout en entreprise ?
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Étape 1 : évaluer les besoins en sécurité
La première étape pour mettre en place le chiffrement de bout en bout dans un contexte professionnel consiste à réaliser une évaluation approfondie des besoins en sécurité de l’entreprise. Cela implique une analyse des types de données échangées (confidentielles, financières, sensibles...) et des vulnérabilités existantes dans les canaux de communication.
Il faut également tenir compte des réglementations, qui peuvent imposer des niveaux de protection spécifiques. L’évaluation doit également inclure un audit des infrastructures informatiques existantes, afin d’identifier les points d’intégration du chiffrement. Cette démarche définit les objectifs de sécurité en fonction des risques et permet d'ajuster les ressources disponibles pour leur mise en œuvre.
Étape 2 : comment choisir la bonne solution de chiffrement
Une fois les besoins identifiés, place au choix de la solution de chiffrement. Plusieurs critères doivent être pris en compte pour sélectionner l’outil adéquat :
- Le niveau de sécurité offert.
- La facilité d'intégration aux systèmes existants (messageries, services de stockage, plateformes de collaboration, etc…)
- Le coût de mise en place et de maintenance,
- La qualité du support client.
Par exemple et comme évoqué plus haut, des solutions comme LockTransfer se distinguent par une implémentation simple et une intégration fluide aux outils de travail courants, comme Outlook ou les plateformes de stockage, avec une protection robuste pour les fichiers sensibles. Les entreprises peuvent également envisager des solutions open source ou locales, en fonction de leurs exigences spécifiques en matière de souveraineté numérique.
Étape 3 : intégrer et déployer en interne
L'intégration du chiffrement de bout en bout doit être réalisée en toute transparence, avec une attention toute particulière à la formation des équipes. Il est en effet indispensable que les collaborateurs comprennent comment utiliser les nouveaux outils, notamment en matière de gestion des clés de chiffrement et de protocoles d’authentification sécurisée.
La formation doit également couvrir les meilleures pratiques de cybersécurité, comme la bonne gestion des mots de passe, la vérification des identités avant le partage de fichiers sensibles, et l’importance des mises à jour régulières.
Pour un déploiement réussi, la solution choisie doit également s'intégrer sans friction aux flux de travail existants afin de minimiser les perturbations et garantir une adoption rapide par les collaborateurs.
Étape 4 : maintenir la sécurité des communications
Avec le chiffrement de bout en bout, il est recommandé de mettre en place des protocoles de maintenance réguliers pour que la solution reste efficace face aux évolutions des cybermenaces. Cela passe par des mises à jour fréquentes des logiciels de chiffrement, la surveillance continue des éventuelles anomalies ou failles de sécurité, ainsi que des audits internes périodiques pour vérifier la conformité et ajuster les niveaux de protection. Ces audits de sécurité permettent également de revoir les politiques de gestion des clés et de renforcer les procédures d'authentification si nécessaire.
FAQ : vos questions sur le chiffrement de bout en bout
Qu'est-ce qu'une attaque Man-in-the-Middle (MITM) ?
Une attaque Man-in-the-Middle consiste, pour un pirate, à s'interposer entre deux interlocuteurs pour intercepter, lire ou modifier leurs échanges à leur insu. Le chiffrement de bout en bout neutralise ce risque : même intercepté, le message reste illisible sans la clé privée du destinataire, que l'attaquant ne possède pas.
Quels algorithmes de chiffrement sont recommandés ?
La CNIL² cite notamment RSA et DLIES-KEM pour la cryptographie asymétrique, et l'ANSSI détaille les mécanismes cryptographiques à l'état de l'art dans son guide de référence¹. Pour le chiffrement symétrique des contenus, AES-256 fait référence. Privilégiez des solutions auditées ou certifiées, comme la certification CSPN délivrée par l'ANSSI.
Le chiffrement de bout en bout ralentit-il les échanges ?
Non, pas de manière perceptible pour les usages courants. Les opérations de chiffrement et de déchiffrement s'exécutent en quelques millisecondes sur les appareils modernes. Avec une solution bien intégrée aux outils existants, comme un plugin de messagerie, les collaborateurs ne changent pas leurs habitudes : le chiffrement des pièces jointes se fait en un clic.
Comment la suite LockSelf applique le chiffrement de bout en bout ?
Chaque module de la suite LockSelf couvre un maillon du cycle de vie de vos données chiffrées. L'ensemble est certifié CSPN par l'ANSSI et hébergé en cloud souverain (ou On-Premises) : le chiffrement audité à l'état de l'art, sous une juridiction française.
- LockTransfer : le E2EE appliqué aux échanges de fichiers : pièces jointes chiffrées en un clic depuis Outlook/O365, boîte de dépôt sécurisée pour recevoir des documents de l'externe, fichiers à expiration et accès contrôlés.
- LockFiles : le chiffrement au repos : les fichiers reçus ne dorment plus en clair dans les boîtes mail, ils sont archivés dans un coffre-fort chiffré AES-256 avec droits d'accès granulaires.
- LockPass : la protection des clés et des accès : MFA, SSO, politiques de mots de passe, car le chiffrement le plus robuste ne protège rien si le compte qui y accède est compromis.
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Sources :
1 https://cyber.gouv.fr/sites/default/files/2021/03/anssi-guide-mecanismes_crypto-2.04.pdf
2 https://www.cnil.fr/fr/securite-chiffrement-hachage-signature
3 https://www.cnil.fr/fr/definition/chiffrement-homomorphe
4 https://www.numerique.gouv.fr/outils-agents/tchap-messagerie-instantanee-etat/
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