Étape 1 : identifier et confiner la fuite
Lorsqu'une fuite de données est suspectée, la première chose à faire est d’identifier la source exacte de la fuite ainsi que les données potentiellement compromises. Cette étape nécessite une analyse approfondie des journaux de sécurité, (ou logs), pour détecter les schémas anormaux et repérer les accès non autorisés. Cela passe notamment par la recherche des actions récentes sur les systèmes, l’utilisation des privilèges administratifs, ainsi que l’analyse des fichiers exfiltrés. Cette surveillance permet de retracer les mouvements des cyberattaquants et de comprendre l’ampleur du périmètre affecté.
Par ailleurs, tous les types de données n’ont pas la même sensibilité. C’est pourquoi, il est préférable d’évaluer rapidement le niveau de confidentialité des informations touchées. Une classification des données exposées aide à prioriser les actions de remédiation et à anticiper les conséquences pour les différentes parties prenantes.
Une fois l’étendue de la fuite établie, il s’agit de confiner la menace. Pour ce faire, les systèmes touchés doivent être immédiatement isolés afin d’empêcher toute propagation de la fuite de données. Cela peut impliquer la désactivation temporaire des comptes compromis, la déconnexion de certains systèmes du réseau, ou encore le blocage des accès externes et internes. Ce confinement permet de minimiser la fuite de données et de préserver l'intégrité des systèmes restants.
Étape 2 : notifier les parties concernées
Les réglementations, notamment le RGPD et NIS2 en Europe, imposent une obligation de notification en cas de fuite de données personnelles3. Cette notification doit être faite dans un délai défini (généralement 72 heures après la détection de l'incident pour le RGPD).
En France, par exemple, la CNIL doit être informée des détails de la fuite4, y compris les types de données impactées et les actions entreprises pour atténuer les dommages. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions financières lourdes, renforçant l’importance de la transparence réglementaire.
Les clients et partenaires doivent également être avertis rapidement et de manière transparente si leurs données ont été compromises. Une communication de crise honnête contribue à rassurer les parties prenantes et à limiter les dommages à la réputation.
Les informations fournies doivent ici aussi inclure une description de l'incident, les types de données exposées, les risques potentiels, et les mesures prises par l’entreprise pour résoudre le problème. La rapidité et la cohérence de la communication sont déterminantes pour maintenir la confiance et éviter la diffusion de fausses informations.
Étape 3 : remédiation et récupération des données volées
Une fois la fuite sous contrôle, l’étape suivante consiste à identifier et à combler les vulnérabilités ayant permis l'incident. Il s’agit donc d’effectuer des correctifs logiciels, des mises à jour de sécurité et, dans certains cas, une révision complète de la configuration réseau pour supprimer les points faibles. Cette action renforce la résilience du système et de prévenir de futures attaques.
Pour récupérer les données perdues, les entreprises doivent ensuite restaurer les fichiers compromis depuis des sauvegardes non affectées par l’attaque. Ce processus demande une vérification rigoureuse de l'intégrité des données, car certaines peuvent avoir été modifiées ou corrompues par les cybercriminels. La vérification des sauvegardes en parallèle permet que les données restaurées soient fiables et exactes.
Étape 4 : audits post-incident et renforcement des systèmes de sécurité
L'audit de sécurité post-incident est une étape indispensable pour évaluer en profondeur la sécurité des systèmes après une fuite de données, car il permet d'identifier les failles exploitées et toute autre vulnérabilité résiduelle.
Cet audit inclut une revue des politiques de cybersécurité, une vérification des correctifs appliqués et des tests pour s’assurer qu’aucun logiciel malveillant ne persiste.
Par ailleurs, un retour d’expérience s’impose : cette analyse rétrospective documente les leçons apprises, ajuste les procédures et améliore les politiques de sécurité pour éviter la récurrence de telles attaques.
Enfin, la mise à jour des Plans de Reprise et de Continuité d’Activité (PRA/PCA) assure la résilience de l’entreprise et réduit les interruptions potentielles en cas de futures cyberattaques.
Comment protéger ses fichiers d'entreprise contre les fuites de données ?
3 mesures pour éviter la fuite d'informations en entreprise
1. Renforcer les politiques de sécurité interne
Une politique de sécurité des données bien définie et facilement compréhensible constitue le fondement de la protection des informations sensibles. Cette politique doit inclure plusieurs mesures de cybersécurité robustes, comme l’établissement du principe du moindre privilège. Ce principe limite les accès à ceux strictement nécessaires à chaque utilisateur, réduisant ainsi les risques cyber liés aux accès inappropriés ou non autorisés.
Une gestion des accès et des identités (IAM) rigoureuse est également préconisée pour contrôler et surveiller l'accès aux systèmes sensibles, en veillant à désactiver immédiatement les accès pour tout collaborateur quittant l’entreprise ou changeant de poste.
Enfin, les audits de sécurité réguliers jouent un rôle central dans le renforcement des politiques de sécurité internes : ils permettent de contrôler le respect des bonnes pratiques de cybersécurité, de détecter d'éventuelles failles et de s'assurer que les pratiques évoluent en fonction des nouvelles menaces.
2. Sensibiliser les collaborateurs aux bonnes pratiques cyber
90% des cyberattaques trouvent leur origine dans une erreur humaine5 : c’est pourquoi la formation des collaborateurs est indispensable pour éviter les vols de données et renforcer la cybersécurité en entreprise.
Il est recommandé d’organiser des sessions de formation régulières sur les risques cyber, la sécurité des fichiers en entreprise, et les techniques pour reconnaître les cyberattaques, par exemple, des exercices de simulation d’attaque par hameçonnage aux équipes pour se familiariser avec les indices d’une tentative d’intrusion.
Pour formaliser les bonnes pratiques cyber, un guide de réponse aux incidents accessible et structuré aidera chaque collaborateur à réagir de manière appropriée en cas de menace, et favorise une réaction rapide et coordonnée.
3. S'équiper des bons outils cyber pour éviter le vol d'informations
L’adoption d’outils de cybersécurité complète les mesures organisationnelles et humaines. Le chiffrement des fichiers, par exemple, protège les données sensibles même en cas d'accès non autorisé, rendant les informations illisibles pour les intrus. L'implémentation de systèmes de détection d'intrusion (IDS/IPS) aide à surveiller le réseau et à alerter sur les activités suspectes en temps réel, tandis que les solutions de prévention contre la perte de données (DLP) contrôlent l’accès aux données sensibles, empêchent les transferts non autorisés et détectent les comportements à risques, comme les tentatives d’exfiltration de données.
Quels outils choisir pour protéger le transfert et le stockage de fichiers sensibles en entreprise ?
En cas de fuite ou d’incident, LockFiles vous aidera plus pour stocker et protéger vos documents sensibles sous chiffrement certifié ANSSI (RSA/AES-256), avec gestion fine des droits d’accès, cloisonnement des espaces et traçabilité des actions. Hébergé dans un environnement souverain et indépendant de votre SI principal, LockFiles sert aussi de référence sécurisée pour votre PCA/PRA pour l'archivage de vos documents critiques.
LockTransfer sécurise quant à lui, les transferts de fichiers volumineux ou sensibles sur un canal chiffré, avec contrôle des accès et journalisation. Ensemble, ces deux solutions de cybersécurité de la suite LockSelf vous permettent de réduire le risque d’exposition et de disposer de processus solides en cas d’audit ou d’incident de sécurité (RGPD, ISO 27001).
Sources :
1 https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047052655
2 https://www.cnil.fr/fr/missions/mission-4-controler-et-sanctionner
3 https://monespacenis2.cyber.gouv.fr/directive#explication-nis2
4 https://www.cnil.fr/fr/notifier-une-violation-de-donnees-personnelles
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